Lucia Gentile Anthropologue
Inde . Santé reproductive et sexuelle . Migration

Recherches
Depuis le début de ma formation, mes travaux de recherche se sont concentrés sur la dimension corporelle de l'expérience reproductive des femmes d'Asie du Sud, notamment d’Inde. J'analyse en particulier le inégalités sociales de santé maternelle et l’influence que pouvaient avoir les parcours migratoires sur les savoirs et les pratiques concernant l’enfantement et le maternage. Je suis également engagé dans la construction de projets de recherche collectifs.



2025-26
Prévenir, repérer, accompagner : analyse des interventions précoces en santé mentale auprès des demandeurs d’asile dans le projet Santé/Santé Mentale DA
Chargée de recherche et responsable de l'Observatoire Santé Mentale des Demandeurs d’Asile (SMDA), Coallia.
Les parcours d’exil s’accompagnent fréquemment de ruptures sociales, d’expériences de violence et de situations de précarité susceptibles d’affecter durablement la santé mentale. Pourtant, les modalités concrètes d’accompagnement psychique et psychosocial des personnes en demande d’asile restent encore peu documentées, notamment dans les structures d’accueil du dispositif national d’asile. Le projet de recherche-action mené dans le cadre de l’Observatoire Santé Mentale et Demandeurs d’Asile vise à vise à analyser les déterminants sociaux, institutionnels et relationnels des trajectoires de santé mentale en contexte d’exil.
Créé au sein du projet Santé/Santé mentale Demandeurs d’Asile, porté par l’association Coallia et cofinancé par le Fonds Asile, Migration et Intégration (FAMI), l’Observatoire SMDA constitue un dispositif national articulant recherche, clinique et intervention sociale. Il s’appuie sur un réseau de structures d’accueil pour demandeurs d’asile réparties sur l’ensemble du territoire français, permettant une observation multi-située des pratiques professionnelles et des trajectoires de santé mentale en contexte d’exil. L’hypothèse centrale du projet est que la qualité du soutien social et institutionnel – notamment la précocité du repérage des souffrances psychiques, la continuité de l’accompagnement et la coordination entre acteurs sanitaires et sociaux – constitue un facteur déterminant dans l’orientation vers les soins et dans les dynamiques de stabilisation psychique des personnes en demande d’asile. Le projet s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire à l’intersection de la socio-anthropologie de la santé, de la sociologie des institutions et des études sur la migration et le trauma. Il interroge plus largement la manière dont les dispositifs d’accueil, les pratiques professionnelles et les cadres administratifs participent à produire, atténuer ou transformer les formes de vulnérabilité psychique liées à l’exil. Sur le plan théorique, il contribue aux débats contemporains sur les articulations entre trauma, violence structurelle et politiques migratoires, ainsi que sur le rôle du soutien social dans les processus de résilience et de reconstruction des liens sociaux.
La recherche repose sur une méthodologie mixte combinant analyses quantitatives à l’échelle nationale et enquête qualitative multi-située dans les structures du projet (CADA, HUDA, SPADA). Elle comprend des entretiens avec les personnes concernées et les professionnel·le·s (psychologues, infirmier·e·s, travailleur·se·s sociaux·ales), des observations de terrain, ainsi que des dispositifs participatifs impliquant les équipes et les personnes exilées. Cette approche permet d’analyser conjointement les expériences vécues de la souffrance psychique, les pratiques d’accompagnement et les logiques institutionnelles qui structurent l’accès aux soins. En articulant production de connaissances scientifiques et transformation des pratiques, le projet vise à développer une compréhension empirique et théorique des dynamiques de santé mentale en contexte d’exil, tout en contribuant à la co-construction d’outils d’accompagnement culturellement et socialement adaptés.

2025
Enquêter sur les violences obstétricales en contexte migratoire : Le rôle des freins linguistiques dans le parcours périnatal des femmes sud-asiatiques en Seine-Saint-Denis
Postdoctorante et coordinatrice scientifique du département Health à l'Institut Convergences Migration (ICM) - Aubervilliers.

La grossesse et la naissance d'un enfant représentent une étape de vie majeure, qui peut survenir dans une période de vulnérabilité physique et psychologique pour les femmes. Cependant, plusieurs études soulignent une répartition inégale de ces vulnérabilités, qui touchent notamment les femmes étrangères. L'objectif du projet est de comprendre les mécanismes des inégalités sociales de santé maternelle en contexte migratoire, en se focalisant sur la différence linguistique et les violences obstétricales. Si plusieurs recherches anthropologiques se sont intéressées à l’incidence du parcours migratoire sur l’accès aux soins périnataux, ou à l’origine comme facteur d’exposition aux inégalités et discriminations médicales, peu d'études se penchent sur la question de la différence linguistique. Pourtant, la communication verbale est très importante dans la prise en charge médicale : la non-maîtrise d'une langue véhiculaire peut mener à des soins différenciés, inappropriés ou de moindre qualité et à une surexposition aux violences. L'objectif du projet est d'améliorer la connaissance du rôle joué par la différence linguistique et les violences obstétricales dans le parcours de soins périnatals (grossesse, accouchement et suites de couches), en prenant comme cas d'étude les femmes originaires d’Asie du Sud non francophones, résidant en Seine-Saint-Denis. Ces populations immigrées figurent parmi les plus méconnues de la mosaïque sociale française. Cependant, ces groupes minoritaires, dont l'anglais est la principale langue véhiculaire, rencontrent des freins linguistiques qui se matérialisent en une difficulté d'accès aux services de santé maternelle et une surexposition aux violences obstétricales.
De manière à observer la relation et la communication lors des soins périnataux, une enquête ethnographique qualitative et sociolinguistique sera menée auprès des femmes sud-asiatiques non francophones enceintes ou venant d'accoucher, de professionnel.le.s de santé et de médiateur.ice.s/interprètes. À travers une recherche ethnographique participative multi situ dans des structures médicales publiques, le projet analyse les processus qui favorisent les violences obstétricales à l'égard des femmes non francophones, à l'intersection des disparités de santé rencontrées (vulnérabilités psychiques, taux de la césarienne, épisiotomie, prématurité, ...). Il permettra d'identifier les types de violences obstétricales vécues par les femmes sud-asiatiques non francophones à partir de leur ressenti et - s’il en existe - de mettre en exergue les spécificités. Cet aspect permettra de comprendre et de prévenir les mécanismes de violences structurelles et individuelles, afin de développer des soins socialement et culturellement appropriés dans la période périnatale. À travers la co-création des dispositifs et des outils spécifiques, la recherche permettra d'agir sur les inégalités sociales en contexte migratoire en renforçant les capacités des femmes sud-asiatiques non francophones, des professionnel·le·s de santé et des interprètes à détourner les difficultés linguistiques et les violences.


2022-24
Psychotrauma et résilience chez des femmes primo-arrivantes originaires d’Asie du Sud, face aux violences obstétricales: analyse intersectionnelle de la relation de soins en Seine-Saint-Denis (93)
Postdoctorante au Centre National de Ressources et de Résilience (CN2R) et à l'Institut Convergences Migration (ICM) - dpt Health de Paris, sous la direction de Mme Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky et Mme Priscille Sauvegrain.

Née et développée depuis les années 1990 en Amérique latine, ce n'est qu'au cours de la dernière décennie que la notion de violences obstétricales a été reconnue mondialement comme une catégorie juridique et sociale. Définie comme une maltraitance de la part de soignant·e·s et vécue par les femmes pendant leur grossesse, leur accouchement et les soins de suites de couches, ce phénomène recoupe d'autres axes d'inégalités structurelles tels que le genre, la nationalité, la classe sociale, la couleur de peau et la religion, produisant une expérience négative et souvent violente de ces périodes. Cependant, peu d'études se concentrent sur l'impact social inégal des psychotraumatismes dans la période périnatale selon une lecture intersectionnelle des profils des femmes.
Ce projet souhaite questionner le rôle des expériences migratoires comme frein, ou à l’inverse levier, de résilience au cours de la période périnatale. En effet, si d'un côté plusieurs études mettent en avant la vulnérabilité des nouvelles mères migrantes, d'autres révèlent un faible taux de risque de dépression post-partum et du trouble de stress post traumatique. Le projet souhaite explorer les formes de résilience mobilisées par des migrantes face aux violences obstétricales, en prenant comme cas d'étude le vécu des femmes primo-arrivantes, originaires d’Asie du Sud et résidant en Seine-Saint-Denis.
D’un point de vue méthodologique, la recherche interrogera au cours d’entretiens qualitatifs semi-directifs et itératifs (entre 2 et 5) le ressenti des femmes et l’impact des violences obstétricales, en se concentrant sur des services publics de santé en Seine-Saint-Denis (PMI et hôpitaux publics). Le public visé est constitué de femmes majeures, primo-arrivantes, d'Asie du Sud (Pakistan, Inde, Bangladesh, Sri Lanka, Népal, Maldives), enceintes, venant d'accoucher ou ayant accouché au moins une fois en France.
Les résultats attendus devraient permettre de mettre en évidence les formes de violences obstétricales vécues par des femmes primo-arrivantes, minoritaires numériquement et allophones. Ainsi, la recherche questionnera le rôle des expériences migratoires comme facteur de résilience des femmes. Le projet devrait permettre de travailler sur la prévention, à court et long terme, des violences obstétricales et de leurs impacts psychiques, et de continuer à documenter les facteurs sociaux promoteurs d’inégalités dans le domaine de la périnatalité, dans une optique de justice reproductive. En outre, l’étude des psychotraumatismes dans une situation de marginalité permettra d’identifier les variables sociales qui renforcent la capacité à la résilience.
2021-22

«Habiter les souvenirs. Identité et mémoire dans la (re)construction de la notion de 'chez soi' chez les migrants d'Asie du Sud à Trieste»
Postdoctorante (Assegnista di ricerca) en «Histoire et institutions de l'Asie» à l’Université de Trieste, Département des Sciences Politiques et Sociales, sous la direction de M. Diego Abenante.
Partant de l'intersection des recherches sur la mémoire et la migration, cette étude analyse comment la perception du passé influence les choix des migrants et leur incorporation dans leur société d'accueil. Elle vise plus particulièrement à révéler l'impact de la mémoire et de la post-mémoire des expériences migratoires sur l'identité individuelle et nationale, ainsi que sur les relations confessionnelles et interethniques. Le projet se veut une étude comparative transnationale couvrant le sous-continent indien (Pakistan, Inde et Bangladesh) et l'Italie. Il propose d'analyser la manière dont les personnes ayant un passé migratoire (re)construisent la notion de 'chez soi' à leur arrivée dans la ville de Trieste en Italie. Le processus de fabrication d'un foyer dans le nouveau pays est constitué par l'occupation d'espaces physiques, linguistiques, sociaux et culturels : quel rôle la mémoire du foyer perdu joue-t-elle dans la (re)construction du nouveau 'chez soi' ? Comment la mémoire des migrations familiales a-t-elle rendu plus ou moins fluide le concept de maison, en particulier de maison 'ancestrale' ? Parler de 'chez soi' nous permet d'explorer les transformations du sentiment d'appartenance, de la construction de l'identité et de la communauté au sein de la société d'accueil, notamment dans une perspective de genre et intergénérationnelle. En effet, la recherche analyse l'impact de l'expérience migratoire dans les rapports sociaux des sexes et les relations intergénérationnelles dans l'espace domestique.



2016-20
«Concevoir les corps. Savoirs et pratiques du corps reproducteur féminin dans la ville de Bhuj, Inde».
Docteurat en «Sociologie, Anthropologie, Ethnologie» en cotutelle entre l’Université Milano-Bicocca, Italie et l’INALCO - Institut National des Langues et Civilisations Orientales, sous la direction de Mme Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky et Mme Claudia Mattalucci.
La thèse vise à explorer le rôle que les connaissances et les pratiques du corps reproducteur féminin jouent dans le processus de gynécopoïèse. Comment la production, la reproduction, la transformation et la contestation des connaissances sur la reproduction influencent-elles la manière dont les femmes vivent leur corps? Quelles sont les implications de ce processus sur la construction et l'expérience de genre? La thèse est basée sur une recherche ethnographique menée auprès d'une trentaine de femmes qui vivent dans la ville de Bhuj (Gujarat, Inde). La recherche a une approche intégrant une méthodologie visuelle et narrative, proposant la technique de la cartographie corporelle comme outil d'analyse des représentations corporelles.
Le texte est organisé en trois parties, chacune présentant un angle d'analyse différent, à savoir la représentation, la production et les soins du corps. La première partie porte sur l'articulation des connaissances anatomiques et physiologiques, où le corps est étudié dans sa matérialité et dans ses manifestations somatiques, en examinant l'articulation sémantique et symbolique des différents fluides corporels. La deuxième partie examine les différentes connaissances et pratiques du corps qui accompagnent le processus de subjectivisation féminine. Enfin, le corps est analysé du point de vue de la santé reproductive: comment les femmes conçoivent-elles et font-elles face à la maladie? Deux des systèmes médicaux les plus utilisés par les femmes à Bhuj ont été examinés, à savoir l'allopathie et la médecine locale (deśī), représentées par les pratiques des dāī māṃ (sage-femme traditionnelle).


2014-15
«L’accueil en situation interculturelle : à la rencontre des femmes tamoules dans un centre de PMI à Paris»
Diplôme Universitaire en «Santé, maladie, soins, médiation et cultures» à l’Université Paris V - Descartes en collaboration avec le centre Minkowska, sous la direction de Mme Stéphanie Larchanché.
La recherche cherche à observer l’accueil proposé dans un centre de PMI aux mères tamoules, selon le questionnement propre à l’anthropologie médicale clinique. En particulier, la mise en place dans les centres des services particuliers souligne le besoin d’un accueil différencié pour les française et les étrangères. En quoi l’accueil des mères tamoules diffère-t-il des autres types d’accueil ? Quels sont les services qui leur sont proposés et avec quelles conséquences ? Les PMI françaises offrent aux personnes immigrées des services complémentaires, adaptés à leurs besoins et difficultés. L’obstacle plus évident et majeur dans la prise en charge médicale des immigrées reste la différence linguistique qui est résolue à travers l’insertion des interprètes et médiateurs. De quelle façon ces traducteurs professionnels aident-ils à la rencontre interculturelle ? Quels sont les enjeux de cette rencontre en centre de PMI ? Quels types de relations s’instaurent entre les acteurs qui gravitent dans le centre : médiatrice, interprète, médecin, puéricultrices, femmes et enfants ? En prenant en considération le point de vue des professionnels de soins du centre, la recherche analyse comment cet accueil ouvre ou pas à une rencontre pluriculturelle et donc comment la proximité permet ou pas une compréhension réciproque. Comment se faire comprendre quand il y a des points de référence différents ? Est-il possible d’ouvrir une confrontation des systèmes de représentations ?

2012-14
«La représentation de la grossesse chez les femmes de Mahāśakti Nagar. Analyse et comparaison des récits des femmes hindoues d’Ujjain avec les textes médicaux traditionnels indiens»
Master recherche en «Ethnologie et Anthropologie Sociale» à l’EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales, sous la direction de M. Jean-Claude Galey.
Le propos de ce mémoire a été ce de rassembler les points de vue de femmes hindoues du quartier de Mahāśakti Nagar, dans la ville d’Ujjain (Inde) afin de restituer la représentation qu’elles se font de la grossesse. Les témoignages récoltés comportent plus particulièrement des réflexions des femmes sur la gestation, sur la façon dont elles construisent le corps gravide, quelles expériences induit la grossesse, mais aussi quel rapport s’instaure entre la femme enceinte et le fœtus, notamment comment les femmes conçoivent l’embryon. Quelle est la perception des femmes de la physiologie de la grossesse et comment cette connaissance influence leur expérience personnelle? Quel rôle joue cette période dans la construction de genre féminin? Autant de questions qu’elles ont accepté d’aborder. En dépit de la diversité des expériences, apparait une conception commune pour ce qui concerne la vision du corps gravide et de ses fonctions. Cette nouvelle corporalité se façonne et se construit autour d’une représentation centrale au cours de l’expérience de la grossesse : une symbiose entre la future mère et l’enfant dans l’utérus. L’assimilation de cette image par la jeune femme enceinte permet que soit véhiculée une vision de la maternité et du rôle de la mère signés culturellement. La comparaison de cette connaissance avec les textes de la tradition médicale āyurvedique permet de montrer l’influence que cette doctrine a toujours dans le milieu indien.
2026-29

Organisations, pratiques et personnel de santé dans les soins périnataux en contextes d’inégalités sociales et de violences obstétricales (France/Mexique)
Financé dans le cadre du programme ECOS Nord Mexique 2025.
Ce projet de collaboration binational vise à développer un réseau de recherche franco-mexicain consacré à l’étude comparative des pratiques de prise en charge de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum dans des contextes marqués par des inégalités sociales. Le projet analyse les organisations de soins, les pratiques professionnelles et les interactions entre personnel de santé et usagères afin de mieux comprendre les mécanismes institutionnels et relationnels liés aux violences obstétricales. Dans ce cadre, mes recherches portent plus spécifiquement sur les enjeux linguistiques dans la relation de soin en maternité, en comparant les expériences de femmes ne maîtrisant pas la langue dominante du système de santé et les pratiques d’accompagnement linguistique en France et au Mexique. Le projet mobilise une méthodologie qualitative et ethnographique fondée sur des observations de terrain, des entretiens et l’analyse des dispositifs institutionnels de prise en charge périnatale.


2025-26
LangCare – Multilingual Patient Safety: Comparative Study of Language Assistance in Healthcare
Financé dans le cadre du programme EUniWell Seed Funding, ce projet international réunit des équipes de recherche en Hongrie, France, Italie et Espagne, notamment à la Semmelweis University, à l’INALCO, à l’University of Birmingham et à l’University of Florence.
Coordonné par Ágnes Horváth, le projet vise à analyser les politiques linguistiques, les pratiques d’interprétariat et la traduction des documents médicaux dans différents systèmes de santé européens. Il s’agit d’identifier les dispositifs existants d’accompagnement linguistique et d’en évaluer les effets sur la sécurité des patient·es, la qualité des soins et l’égalité d’accès aux services de santé pour les personnes ne maîtrisant pas la langue nationale. À partir d’une cartographie comparative des dispositifs institutionnels, d’enquêtes auprès d’étudiant·es internationaux et d’une analyse des documents médicaux disponibles dans différentes langues, le projet vise à produire des profils nationaux et une analyse comparative des pratiques. L’objectif est d’identifier des pratiques transférables permettant d’améliorer l’accès à l’information médicale, de réduire les risques liés aux incompréhensions linguistiques et de renforcer l’équité et la sécurité des patient·es dans des contextes européens marqués par la mobilité internationale et les migrations.


2024-26
Everyday Worldmaking: Comparative Experiences of Asian Migrant Women in Paris and Singapore
Financé par le National University of Singapore (NUS) et Sciences Po, le groupe de travail est composé par Shivani Gupta, Hélène Le Bail et Lucia Gentile.
Le projet explore comment les femmes migrantes chinoises et sud-asiatiques à Paris et à Singapour s’intègrent dans le tissu urbain, en mobilisant leurs compétences pour construire des mondes sociaux dans un environnement étranger. Cette intégration se fait cependant dans un contexte marqué par des violences structurelles et des discriminations qui façonnent leur relation à la ville. En s’appuyant sur des cadres analytiques tels que le droit à la ville, le sentiment d’appartenance, le cosmopolitisme, et l’économie informelle genrée, l’étude examine non seulement leurs stratégies quotidiennes, leur créativité et leur capacité d’adaptation, mais aussi la manière dont ces femmes naviguent dans un espace urbain où elles sont confrontées à des obstacles sociaux et économiques, souvent liés à des formes de racisme et de sexisme. L’objectif est de comprendre comment ces femmes, malgré les violences et les discriminations, parviennent à transformer la ville en un espace de résistance et de réappropriation, où elles peuvent revendiquer leurs droits et construire des réseaux de solidarité. L’étude utilise des méthodologies alternatives et participatives, comme la cartographie sensible et les walking interviews, pour analyser les expériences vécues des femmes migrantes.
2024-25

«Santé sexuelle et reproductive des femmes sud-asiatiques en Seine-Saint-Denis (WomenHealthASU93)»
Lauréat de l’AAP6 de l’IC Migrations, le groupe de travail est composé de Valery Ridde, Johann Cailhol, Sabah Jaroof, Clémence Jullien, Nichola Khan, Christine Moliner et Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky.
Projet multidisciplinaire, WomenHealthASU93 propose d’analyser les pratiques et les représentations en santé sexuelle et reproductive (SSR) des femmes sud-asiatiques (Afghanistan, Bangladesh, Inde, Pakistan, Sri-Lanka) en situation de migration, sur le territoire de la Seine-Saint-Denis. Ces femmes, doublement invisibilisées, vivent des difficultés en lien avec leurs identités dans différents pays occidentaux (Canada, Royaume-uni, etc.) en matière de SSR. Qu’en est-il de leur parcours en France, plus particulièrement en Seine-Saint-Denis ? Des enquêtes qualitatives dans différentes structures (maternités, PMI, associations) seront menées pour comprendre les parcours reproductifs et de soins des femmes sud-asiatiques et leur utilisation des structures de soins. Le projet de deux ans a pour but de comprendre quel(s) type(s) d'intervention(s) en santé publique serait approprié pour améliorer l'accès aux soins des femmes sud-asiatiques afin de réduire les inégalités sociales de santé.

2023-25
«Barrières liées à la non maîtrise du Français dans le suivi obstétrical en Ile-de-France (AlloVOG)»
Lauréat de l’AAP de l’Agence Régionale de Santé Île-de-France, le groupe de travail est composé de Mounia El Kotni et l'association Fable-Lab.
Ce projet de recherche-action explore les expériences de discriminations vécues par les femmes non francophones en matière de santé périnatale en Île-de-France. Avec 21% des naissances en 2021 concernant des femmes nées hors de France (Enquête Nationale Périnatale 2021), des études révèlent que ces femmes sont plus susceptibles de faire face à des discriminations dans l'accès aux soins périnataux. Cependant, le rôle de la non-maîtrise du français dans ces discriminations reste peu étudié.
Notre recherche vise à comprendre les barrières linguistiques dans l'accès aux soins obstétricaux dans les structures de santé en Île-de-France. Nous cherchons à découvrir comment les patientes et les professionnel·le·s de santé agissent lorsqu’aucune langue commune n’est partagée. Les résultats seront partagés avec l’association fable-Lab, qui élaborera des outils de médiation en santé, tant pour les professionnel·le·s de santé que pour les femmes.